Quand l’école était un loisir
(et ce que ça dit de notre rapport à l’apprentissage aujourd’hui)
Cette semaine, en écoutant le podcast Continue, tu m’intéresses animé par Patrick Baud, j’ai appris quelque chose que je ne savais pas.
Ou plutôt : quelque chose que j’aurais aimé savoir plus tôt : l’étymologie du mot école.
Dans l’épisode de cette semaine, l’animateur explique que le mot école vient du grec ancien skholè, qui signifie d’abord le loisir, le temps libre.
Non pas le loisir au sens de « ne rien faire », mais un temps libéré des contraintes immédiates de la survie et du travail.
Un temps réservé à l’approfondissement, à la réflexion, à l’élévation de l’esprit.
À l’origine, apprendre consistait avant tout à acquérir ce qui était nécessaire au quotidien :
cultiver la terre, cuisiner, construire, produire ce dont on avait besoin pour vivre.
Et après ces apprentissages indispensables, venait le temps de la skholè.
Un temps gratuit.
Un temps non productif au sens économique.
Un temps consacré à penser, discuter, comprendre le monde.
L’école n’était pas là pour produire.
Elle était là pour penser.
En entendant cela, je me suis interrogée :
Est-ce que, aujourd’hui encore, nous voyons l’école de cette manière ? Avons-nous conservé cette idée que l’école serait un temps de loisir au sens noble du terme ?
J’ai l’impression que non.
Je me souviens avoir expliqué un jour à ma fille que, dans nos sociétés dites “civilisées”, on permet aux enfants et aux jeunes de passer de nombreuses années à ne pas être immédiatement “utiles” au sens économique du terme.
Je lui expliquais que le fait d’aller à l’école était une chance :
celle de disposer de temps pour apprendre, accumuler des connaissances, afin de pouvoir plus tard devenir une personne utile à la société.
Mais en le formulant — et encore plus en l’écrivant aujourd’hui — quelque chose me gêne.
Pourquoi l’école s’est-elle donné pour rôle de fabriquer des individus efficaces et utiles à la société ? Pourquoi a-t-elle perdu cette image de temps de loisir ?
Et d’ailleurs, pourquoi les temps de loisir sont-ils désormais ceux que les enfants ne passent pas à l’école ?
Ces questions m’interrogent profondément sur notre rapport à l’école.
Sur ce que nous attendons réellement d’elle.
Sur les méthodes que nous privilégions.
Sur la place que nous laissons au temps long, à l’exploration, à la pensée gratuite.
Si l’école est devenue uniquement un lieu de préparation à la performance,
alors peut-être avons-nous oublié ce que signifiait école au départ.
Je crois qu’il est temps, collectivement, de repenser l’école.
Pas seulement en changeant les programmes ou en ajoutant des outils,
mais aussi en redonnant au loisir son sens noble :
un temps pour comprendre, relier, questionner, donner du sens.
Pas pour être efficace immédiatement.
Mais pour grandir.
Pour élever l’esprit.
Cette réflexion s’inscrit dans une démarche plus large autour de la pédagogie, de l’apprentissage et du sens que nous donnons à l’école, que je développe à travers les ressources et articles proposés sur Nos Outils Péda.
Sources : étymologie du mot école
https://www.cnrtl.fr/etymologie/%C3%A9cole
https://fr.vikidia.org/wiki/%C3%89cole
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