Le mois de juin, la fin de l’année, le début des inégalités scolaires ?

Oui, je sais, on est encore qu’au mois de mai… Mais il faut bien avouer qu’on le voit toutes et tous arriver à grands pas : LE MOIS DE JUIN ! et …. les vacances d’été qui suivent et qu’on attend avec plus (ou moins ?) d’impatience !

Mais avant ça, parlons de ce juin, mois si particulier (parce que c’est le mois de mon anniversaire ?). Officiellement, l’école continue jusqu’aux vacances d’été. Mais dans les têtes, l’année semble parfois déjà terminée : évaluations passées, projets à boucler, sorties scolaires, fatigue générale, anticipation des vacances.

Après les week-end à rallonge de mai, avec son soleil qui fait penser aux vacances, Juin a l’air léger. Mais c’est peut-être que là qu’on peut jouer une dernière carte pour accompagner les élèves dans leur façon d’appréhender les apprentissages.

Parce que, quand l’école s’éloigne, ce sont les ressources autour de l’enfant qui prennent le relais. Or ces ressources ne sont pas les mêmes pour tous.

Tous les enfants ne ralentissent pas de la même façon

Pour certains élèves, juin est un mois de transition douce. Ils terminent l’année dans un environnement stable, avec des livres à la maison, des adultes disponibles, des activités prévues, des discussions, des jeux, des occasions de lire, compter, raconter, expliquer.

Pour d’autres, juin marque déjà le début d’un flottement. Les routines s’effacent. Les cahiers restent dans le cartable. Les exigences diminuent. L’idée s’installe : “De toute façon, c’est bientôt fini.”

L’été peut réaccentuer les écarts

Les données de la DEPP, le service statistique du ministère de l’Éducation nationale, montrent que l’école peut réduire certains écarts pendant l’année scolaire, mais que ces écarts peuvent se creuser à nouveau après les vacances d’été, notamment pour les élèves les plus fragiles ou scolarisés en éducation prioritaire.

Ce n’est donc pas seulement une impression : quand le cadre scolaire disparaît pendant plusieurs semaines, les différences de milieux, d’accès aux livres, d’activités, de langage, de disponibilité adulte et de confiance pèsent davantage.

ATTENTION, ne me faites pas dire que le problème est que les enfants soient en vacances, ou qu les vacances scolaires en France sont trop longues. NON ! Les enfants ont besoin de repos.

Le problème, c’est que tous ne partent pas en été avec les mêmes appuis.

Juin ne devrait pas être un mois d’abandon

La vraie question de juin n’est peut-être pas : “Qu’est-ce qu’il faut encore finir ?”

Mais plutôt : “Qu’est-ce que chaque enfant va garder de l’année scolaire pendant l’été ?”

  • Est-ce qu’il part avec le sentiment d’avoir progressé ?
  • Est-ce qu’il sait nommer ce qu’il sait mieux faire qu’en septembre ?
  • Est-ce qu’il connaît les outils qui l’aident quand il bloque ?
  • Est-ce qu’il peut reprendre une erreur sans se sentir nul ?
  • Est-ce qu’il peut lire, compter, écrire, expliquer dans des situations simples du quotidien ?

Pour les enfants les plus fragiles, ces questions sont essentielles.
Parce qu’ils ne perdent pas seulement des automatismes. Ils peuvent aussi perdre confiance.

Construire des ponts vers l’été

Là encore, il ne s’agit pas de transformer les vacances en école à domicile. Mais entre maintenir une pression scolaire permanente et laisser disparaître tout lien avec les apprentissages, il existe une autre voie : construire des ponts.

Je ne suis pas adepte des cahiers de vacances, même s’ils peuvent aider. Par contre, on peut proposer à l’élève/l’enfant des choses très simples :

  • Écrire avec lui/elle un petit carnet des réussites de l’année
  • Énoncer trois choses que l’enfant sait mieux faire qu’avant
  • Identifier trois stratégies qui l’aident quand il bloque
  • Proposer quelques jeux qui font lire, compter ou raisonner sans ressembler à des devoirs ;
  • Utiliser des situations du quotidien : lire une recette, compter une monnaie, préparer un trajet, écrire une carte, expliquer une règle de jeu.

L’objectif n’est pas de faire plus.
L’objectif est de ne pas laisser certains enfants sortir seuls du cadre scolaire.

Et si juin devenait un mois de transmission ?

On pourrait imaginer juin autrement.

Non pas comme un mois où l’on termine. Mais comme un mois où on prend du recul, on fait un bilan et on transmet :

Transmettre à l’enfant la conscience de ses progrès.
Transmettre aux familles des pistes simples et réalistes.
Transmettre aux éducateurs des repères pour continuer à soutenir sans refaire l’école.
Transmettre aux enfants fragiles l’idée qu’ils ne repartent pas de zéro.

Selon moi, ce serait peut-être cela, une fin d’année plus juste.

Parce que les fins d’années sont toujours empreintes d’une certaine lourdeur et prennent l’allure de marathon. Parce que finalement, est-ce si grave si le programme n’est pas terminé à 100% , mais seulement à 95 % ? Parce que finalement, le plus important n’est-il pas de transmettre aux jeunes le goût d’apprendre, l’envie d’être curieux et la liberté de se tromper pour avancer ?

Et vous, comment s’annonce votre fin d’année : marathon… ou temps de bilan ?

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