Les murs ont des choses à nous apprendre !

Des règles de grammaire, des tables de multiplication, des phrases encourageantes… Les murs des classes ont beaucoup de choses à dire ! Vous aussi les murs de vos classes commençent à se couvrir d’affiches ?
Pour moi, il y a deux bonnes raisons d’afficher : donner confiance et mettre des outils à portée de regard.

« Tu as le droit d’essayer »

Quand on apprend, on hésite, on cherche, on se trompe parfois. Ça paraît évident… jusqu’au moment où l’on se retrouve devant sa feuille avec la peur de donner une mauvaise réponse.
« Je peux essayer autrement », « Je peux demander de l’aide », « Mon erreur peut m’aider à comprendre » : quelques mots au mur peuvent nous donner l’occasion d’en parler. À condition, bien sûr, de laisser aussi cette place à l’erreur dans la classe. On regarde ce qui a coincé, on explique, on reprend. C’est ce travail autour de l’erreur qui aide à progresser.
C’est aussi ce que souligne la psychologue Janet Metcalfe dans sa synthèse sur l’apprentissage par l’erreur (2017) : se tromper peut aider à apprendre, lorsqu’on reçoit ensuite un retour qui aide à comprendre et à corriger.


On peut même afficher un petit dessin du cerveau et de ses « chemins ». Tu te souviens de l’image des sentiers dans la forêt que je faisais dans un de mes 1ers articles ? C’est une façon de représenter les connexions qui se modifient avec l’apprentissage. Quand on réutilise ce qu’on apprend, certains chemins deviennent plus faciles à emprunter.
De quoi rappeler qu’on peut avoir besoin de temps, d’entraînement et d’un peu d’aide.

Nous aussi, adultes, d’ailleurs !

Des rappels de cours… oui, on a le droit !

Une table de multiplication au mur, c’est de la triche ? Quand elle fait partie des outils autorisés, elle est là pour servir.
Avoir un outil sous les yeux, c’est une chose. Savoir s’en servir, c’en est une autre : le résultat de 6 × 7 ne nous dit pas si le problème demande une multiplication. Il faut encore comprendre, choisir, vérifier.
J’ai envie qu’on aide les élèves à devenir intelligents et débrouillards, capables de chercher ce dont ils ont besoin.

Des encyclopédies sur pattes, on peut trouver ça impressionnant, mais ce n’est pas vraiment mon projet pédagogique 😉


La mémoire garde toute sa place. On peut apprendre à retrouver une information sur une affiche, puis s’entraîner à la rappeler sans aide.

Les cartes sons et affiches NATALU s’inscrivent dans cette idée : retrouver une voyelle en s’appuyant sur sa graphie, la forme de la bouche et le geste verbo-tonal. On regarde, on prononce, on bouge, puis on revient à sa lecture. Les affiches A4 accompagnent les cartes, les mallettes pédagogiques et les livrets de lecture (disponibles aussi dans la pédagothèque).

Pas besoin de tapisser toute la classe.

Dans une étude de Fisher, Godwin et Seltman (2014), des enfants de maternelle étaient davantage distraits lorsque les murs de la classe expérimentale étaient très décorés.

De quoi nous inviter à choisir ce qu’on affiche, sans en faire une règle valable pour toutes les classes.
Quelques affiches lisibles, qu’on prend le temps de découvrir et d’utiliser ensemble, c’est déjà un bon début.

Et chez toi, en classe ou dans ton espace de travail, quelle affiche sert vraiment ?


En savoir plus sur Nos outils péda

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Publications similaires

Laisser un commentaire