Systèmes éducatifs : comment ça se passe ailleurs dans le monde ?
Quand on parle d’école, on compare souvent ce qui se fait en France avec ce qui se fait ailleurs. La Finlande est régulièrement citée comme un modèle. Le Japon est réputé pour son exigence scolaire. La Chine est souvent associée à un rythme de travail soutenu.
J’ai eu envie de regarder un peu plus en détail. En commençant par les résultats du fameux test PISA… Alors, oui, ça permet de classer les résultats des élèves, mais ça ne répond vraiment à la question « Quel pays possède la meilleure école ? » ou plutôt « Quelle stratégie pédagogique » est la meilleure ? » Parce que l’adjectif MEILLEURE reste encore à définir et soulève pas mal de réflexions….
Petite revue de mes recherches :
Des journées d’école très différentes
Pour les élèves de 7 à 10 ans, la durée quotidienne des cours varie fortement selon les pays : 4 à 5 heures par jour en Finlande ou en Allemagne, 6-7 heures au Japon et aux Etats-Unis, et jusqu’à plus de 9 heures par jour en Chine.
Bien sûr, mais il ne faut pas oublier que comparer uniquement le nombre d’heures d’enseignement ne suffit pas.
Que font les enfants lorsqu’ils ne sont pas en cours ? Il faut regarder l’ensemble de la journée, les activités proposées, les temps d’accueil et la manière dont chaque société s’organise autour des besoins des enfants et des familles.
- En France, la réponse est assez simple : même si les élèves n’ont pas cours toute la journée, ils restent généralement à l’école ou dans des structures périscolaires pendant que leurs parents travaillent.
En Finlande et en Allemagne, les journées de cours sont plus courtes, mais cela ne signifie pas que les enfants rentrent tous chez eux à midi.
- En Finlande, les municipalités proposent des activités avant et après la classe, en particulier pour les élèves des premières années de scolarité et pour les élèves ayant des besoins particuliers. Ces temps sont facultatifs et peuvent inclure des jeux, des activités sportives, des activités créatives ou simplement un temps d’encadrement pendant que les parents travaillent.
- En Allemagne, historiquement, beaucoup d’écoles primaires finissaient vers midi ou en début d’après-midi. Les enfants pouvaient ensuite aller au Hort, une structure d’accueil après l’école avec repas, aide aux devoirs et activités, souvent payante. Depuis 2026, l’Allemagne met progressivement en place un droit à l’accueil toute la journée pour les enfants du primaire, notamment pour aider les parents à concilier travail et vie familiale.
La question du nombre d’élèves et de l’adaptation
Quand on parle de qualité de l’enseignement, la question du nombre d’élèves par classe revient souvent : Aux États-Unis, les classes de primaire comptent en moyenne entre 19 et 21 élèves. En Finlande, on se situe autour de 20 à 22 élèves. Au Japon, elle approche les 27 élèves.
En Chine, elle atteint souvent 37 élèves, parfois davantage ! Lorsque j’ai découvert ce chiffre, avec mon regard de française, je me suis immédiatement posé la question de l’inclusion : Comment accompagner les élèves en difficulté dans de tels effectifs ?
Comment adapter l’enseignement à des besoins très différents ? Il semble que la Finlande arrive place cette question d’adaptation comme une priorité dans l’éducation :
La Finlande fonctionne avec trois niveaux de soutien :
- un soutien général pour tous les élèves : adaptations dans la classe, coenseignement ou intervention d’un enseignant spécialisé,
- un soutien intensifié lorsque les difficultés persistent
- un soutien spécifique lorsque les besoins deviennent plus importants.
Environ un élève finlandais sur cinq bénéficie à un moment donné d’un soutien renforcé.
Attention, tout n’est pas parfait non plus : les débats sur l’inclusion existent également en Finlande. Les enseignants y évoquent des questions de moyens ou d’organisation, comme en France.
La différence semble davantage se situer dans la rapidité de mise en place du soutien et dans la place importante accordée aux enseignants spécialisés.
Et en France ?
La France dispose elle aussi de nombreux dispositifs d’accompagnement : PAP, PPS, PPRE, ULIS, AESH ou encore RASED permettent théoriquement de répondre à des besoins très différents.
Et pourtant, ce qui ressort le plus souvent lorsque l’on échange avec des enseignants ou des familles, ce n’est pas l’absence de dispositifs. Ce sont plutôt les délais d’attente, le manque de professionnels spécialisés, les difficultés de recrutement ou les accompagnements qui ne couvrent pas toujours l’ensemble des besoins.
L’organisation de l’école inclusive continue d’évoluer. Parfois dans le bon sens, parfois non. Souvent, trop lentement… Mais ceci est un autre débat…
Ce qui m’interroge
Au final, cette comparaison ne m’a pas apporté de recette miracle. Elle m’a surtout rappelé qu’il existe plusieurs façons de faire école.
Derrière les horaires, les effectifs ou les dispositifs d’accompagnement se cachent toujours les mêmes questions :
Comment aider chaque élève à apprendre ? Comment accompagner ceux qui rencontrent des difficultés ?
Et comment préparer les enfants à vivre dans un monde qui évolue rapidement ?
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