Parler de l’avenir avec les enfants, sans leur transmettre toutes nos angoisses

Le climat, les guerres, le travail, le coût de la vie… parfois, l’avenir nous semble bien chargé pour les enfants qui grandissent aujourd’hui. Et lorsqu’ils posent une question, on hésite : faut-il les rassurer, leur dire la vérité, changer de sujet ? Voici quelques repères à piocher pour en parler sans faire comme si tout allait bien, ni déposer nos peurs sur leurs épaules.

Parler de l’avenir avec les enfants, sans leur transmettre toutes nos angoisses

Il y a des questions qui arrivent sans prévenir.

« Est-ce qu’on pourra encore partir en vacances ? »
« Pourquoi il fait si chaud ? »
« Est-ce qu’il y aura encore du travail quand je serai grand ? »
« Est-ce que ça va aller ? »

Et parfois, on ne sait pas quoi répondre. Parce que nous non plus, on ne sait pas toujours.

Alors voilà une petite check-list de choses que l’on peut essayer. Pas pour avoir la bonne formule. Plutôt pour garder la conversation ouverte.

On peut dire : « Je ne sais pas »

On a souvent envie de rassurer tout de suite. Pourtant, dire « Je ne sais pas exactement » peut être une réponse très honnête.

On peut y ajouter : « Mais on peut chercher », « On peut en parler » ou « Je suis là si ça t’inquiète ».

Ce n’est pas une réponse parfaite. C’est une façon de ne pas laisser l’enfant seul avec sa question.

On essaie de distinguer ce qu’on sait de ce qu’on imagine

Les adultes ont parfois beaucoup d’informations en tête : une actualité entendue, une discussion, une inquiétude pour plus tard. Tout cela peut se mélanger et prendre une place énorme.

Avec les enfants, on peut essayer de revenir à leur question précise.

De quoi parlent-ils vraiment ? D’un incendie vu aux informations ? De la peur de manquer d’argent ? D’un mot entendu à l’école ? Parfois, leur inquiétude n’est pas celle que nous avions imaginée.

On ne leur raconte pas tout, mais on ne fait pas semblant non plus

Il n’est pas nécessaire de tout expliquer, ni de tout détailler. L’âge, la sensibilité et le moment comptent.

On peut simplement dire : « Oui, il y a des choses difficiles dans le monde. Des adultes essaient aussi de les comprendre et d’y répondre. »

Ce n’est ni une promesse que tout ira bien, ni une porte ouverte sur toutes les catastrophes possibles. C’est une manière de rester présent sans alourdir la conversation.

On garde une place pour ce qui va bien aujourd’hui

Parler d’avenir ne veut pas dire passer son temps à le redouter.

Il y a aussi le goûter à préparer, une cabane à construire, un livre à lire, un copain à appeler, une promenade à faire. Ces choses ne règlent pas les grands problèmes du monde. Mais elles font partie de ce qui aide à grandir : les liens, les repères, les moments où l’on se sent à sa place.

Et parfois, après une grande question, un dessin ou une partie de jeu est exactement ce qu’il faut.

On peut aussi parler de nos propres émotions, avec mesure

Dire « Cette information m’a un peu inquiétée » peut montrer à un enfant qu’il a le droit de ressentir des choses. Mais on peut aussi préciser : « Je vais en parler avec d’autres adultes » ou « Je cherche à mieux comprendre. »

Cela évite de lui faire croire qu’il doit nous rassurer ou porter notre inquiétude avec nous.

Nos enfants n’ont pas besoin que nous ayons réponse à tout. Ils ont surtout besoin de savoir qu’ils peuvent poser leurs questions.

Et chez vous, comment ça se passe ?

Est-ce que les questions viennent au coucher ? En voiture ? Après un reportage ou une discussion à l’école ? Est-ce qu’on répond tout de suite, ou est-ce qu’on se donne le droit d’y revenir plus tard ?

Il n’y a pas une bonne façon de parler de l’avenir. Il y a des conversations qui s’ouvrent, s’interrompent, reprennent autrement quelques semaines plus tard.

L’essentiel est peut-être là : laisser une place aux questions, sans laisser les inquiétudes prendre toute la place.

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